L’atterrissage à Shanghai est parfait, je discute avec un jeune couple Français, je récupère mon sac, je fais du change en monnaie local, je trouve un taxi, et me voila transporté par une demi heure d’attraction unique en son genre, que je baptise « un taxi à Shanghai » en bref, si j’ai bien compris les règles du jeux, ben … c’est qu’il n’y en a pas ! Trois composantes obligatoires un klaxon, des freins et le plein d’essence … et que le meilleur gagne !! Je crois en toute sincérité que mon taxi méritait au moins une place sur le podium.
J’avais imprimé l’adresse en chinois envoyée par Dali, mon taxi me dépose au pied d’un immense hall d’accueil plein de marbre, faisant la jointure de trois immenses tours d’une trentaine d’étages. J’essaie de communiquer en anglais, ce qui ne semble pas être la meilleure idée pour être compris. Je ressors mon petit courrier plein de hiéroglyphes décrypté à la seconde par les autochtones. Etage 19, porte de droite … pas de réponse, je décide d’appeler mon ami, qui m’explique qu’il est depuis le matin bloqué à l’aéroport de Whenzou et qu’il sera normalement à Shanghai dans deux heures, il explique par téléphone à la conciergerie de bien vouloir garder mon sac à dos et je décide d’aller découvrir les environs.
Dés que je mis mon nez dehors, je compris qu’ici tout est climatisé, je n’avais pas encore pris conscience qu’il faisait une chaleur humide incroyable, en cinq minutes je me suis retrouvé trempé. Juste derrière l’immeuble de Dali, je découvre une sorte de petit village, remplis de ruelles et de petites échoppes de fruits et légumes, une cordonnier travaillant à même la rue sur une caisse en bois, un « magasin » propose uniquement de la ferrailles, l’autre des fenêtres, à coté plein de canards déplumés et non réfrigérés se balancent, tout se mêle, j’ai le sentiment que les gens vivent, travaillent dans cette même atmosphère ; il ressort de ce «tableau» une certaine pauvreté, avec des gens curieux de voir un occidental en ce lieu et me saluent de « hi » « hello », l’ambiance est agréable et rassurante.
Au bout de la rue, je suis surpris par le contraste, d’immense magasins occidentalisés s’imposent, c’est comme si un bout de ce « village » avait été rasé pour construire ces édifices, en levant la tête je vis des dizaines d’immeuble en phase de construction. Dali m’expliquera plus tard, que les lois avaient changés, et qu’il est maintenant plus difficile de déloger les gens, mais que ce « village » sera très bientôt remplacé par des buildings ultra modernes et que tout cela n’existera plus.
En visitant ces magasins, je suis très surpris par l’ambiance, si je fais une moyenne, je pense que trois vendeurs sur quatre étaient plongés dans un profond sommeil, couchés sur un tas de vêtements ou bien sur une chaise ou à même le sol. Mon ami m’expliquera que c’est normal en Chine et que pour bien travailler il faut savoir se reposer. Ce pays me réserve plein de surprises, mais cette première approche ne me déplait pas ;-).
Devant moi, des tours à perte de vue, c’est impressionnant, je traverse un pont et me retrouve dans un Shanghai ultra moderne, la circulation y est folle, les vélos, les scooters, les taxis, les voitures … sous mes yeux tous se passe au millimètre, à la seconde, des klaxons retentissent dans tout les sens, le jeu continu, tous le monde y participe.
Je commence à comprendre la disposition des magasins, tout est organisé par secteur, c'est-à-dire qu’il y a des secteurs liés à une sorte de produits, à ce moment là je déambulais dans le secteur des métaux, des boulons, de plaque d’aluminium …chaque petite boutique avait sa spécialité et sont ou ses dormeurs. Par la suite je découvre le secteur des vélos, classiques, électriques, des chaussures … j’arrive sur une place très différente, le People Garden, j’apprendrais par la suite que c’est le cœur de Shanghai, la place principale, avec des magasins dignes de nos célèbres Galeries Lafayette avec l’avantage d’être vraiment très rafraîchissants, à part la climatisation je n’y trouve rien de particulièrement différents, chaque « corner » arbore des marques occidentales à la seule différence du charme asiatique des démonstratrices.
J’avais convenu avec Dali de le contacter deux heures plus tard, afin de faire un point sur son arrivée et j’avais en tête d’acheter une carte sim afin d‘avoir un numéro de téléphone Chinois pour me simplifier la vie et éviter les coups pharamineux de mon opérateur français. J’avais beau essayé de trouver le « quartier » des téléphones portables, demandé à quelques quidams de me montrer la direction … mes recherches étaient vaines. C’est alors que je découvris un temple de touristes, un lieu ou obligatoirement quelqu’un me comprendrait, un hotel SOFITEL !! Ouaahououu … je rentre et m’adresse à l’accueil, une charmante hôtesse m’explique en anglais le direction à prendre, elle m’écrit le nom d’un magasin de quelques hiéroglyphes et m’explique que c’est à gauche, puis à droite, tout droit, puis la deuxième à gauche … tel un conquérant me voilà parti à la recherche du saint graal, qui me permettra d’être joignable par tout le monde en Chine … du moins par mon ami Dali ! Alors, à gauche, puis tout droit, puis … je suis perdu … aucun des hiéroglyphes inscrit sur ces boutiques ne correspondent à ma petite feuille. Un jeune Chinois parlant anglais, a la sympathie de m’accompagner et m’emmène simplement chez un marchant de journaux, on me propose une liste de numéros de téléphone, c’est 100 yens (10 Euros) et me voilà connecté avec mon nouveau numéro, sans l’intervention de ce jeune homme, je pense que je n’aurais jamais pu m’en sortir seul, c’est alors que je ressent une certaines vulnérabilité en rapport à cette langue et ce pays.
Que de découvertes en seulement deux heures, mon ami doit maintenant être arrivé, après certaines hésitations, je refais le chemin à l’envers et retrouve ce magnifique hall, je me sens sale et odorant, j’aurais tellement aimé me changer avant de retrouver Dali.
19éme étage, porte de droite … la porte est grande ouverte, Dali est arrivé, il semble un peu gêné, il n’était pas venu depuis plusieurs mois dans cette appartement, le balcon était resté entrouvert, et les poussières et pollution de la ville avaient pris place dans chaque millimètre de cette immense appartement, une femme de ménage s’activait, trois autres étaient attendues, Dali me propose d’aller me rafraîchir dans la piscine, histoire de remettre un peu d’ordre. Je m’exécute avec grand plaisir, il me rejoindra plus tard.
Le soir, nous nous retrouvons sur son balcon, un spectacle magnifique nous y attendait, nous étions très proche du cœur de Shanghai, séparé par un bras de la rivière Huangpu nommée Suzhou. Un pont pourrait nous permettre d’accéder directement au centre en 5 minutes à pied, mais depuis quatre ans les travaux sont bloqués car ils n’ont pu déloger et détruire une petite maison de l’autre coté de la rive.
Devant nous des immeubles de toute formes, certains atteignant des hauteurs vertigineuses, la nuit tombante, tous s’illumines, chaque immeuble à une particularité, certains d’entres eux se transformes en un écrans géant, le spectacle est impressionnant, plus tard après minuit la ville s’endormira, et tombera dans la pénombre. Dali m’explique en long et en large, son pays, sa culture, son économie, la vision qu’il a de l’Europe et son avis qu’à l’Europe sur l’Asie … Le non respect qu’il porte aux Américains, ainsi qu’à la façon qu’ils ont d’essayer de gérer le monde en toute impunité. Il m’explique que beaucoup de pays veulent la paix dans le monde, mais que les chinois de part leur culture, souhaites l’harmonie dans le monde. Je l’écoute, bois ses paroles, apprends et me dis que j’ai beaucoup de chance d’avoir quelqu’un me consacrant du temps pour m’expliquer tout cela. Je ne dis pas être d’accord avec tout ce qu’il me dit, mais rapidement, je comprends que le moment n’est pas à la contradiction, écouter, juste écouter.
Première soirée, premier dîner, heureusement que je n’étais pas seul sur ce coup là, sinon j’aurais, je pense, arpenté tout Shanghai à la recherche d’un Mac Donald ou un « truc » du genre. Nous étions dans un restaurant populaire, je propose à Dali de choisir pour moi de ces succulent mets arborant les tables voisines … des pattes de canards, des têtes de canards, des substances peu ragoûtantes … la vérité est que je n’avais pas le choix, le menu était écris en chinois et n’aurais pu de toute façon prendre cette initiative.
J’étais très impressionné par l’efficacité du service, j’avais le sentiment que même si il n’y avait pas eu de client, le restaurant ne semblerait pas vide.
En Chine, il y a des gens pour tout et partout, Dali m’a permis de découvrir tous types d’endroits, par exemple, dans une grande maison d’époque transformée en un restaurant haut de gamme en plein cœur de Shanghai dans un parc, il y avait deux personnes présentes à la portes de la terrasse, pour prévenir qu’il y avait une petite marche, dans la rue, il y a toujours quelqu'un pour nettoyer et ramasser les détritus, dans la résidence ou je suis il y a un petit supermarché ou la rentabilité semble douteuse, comme dit mon ami, en Chine le service est primordiale, les Chinois pense à tout ce que tu pourrais avoir besoin, la population est très serviable et les services rendus en général sont peu onéreux.
Revenons à ce premier restaurant, du canard cuit à la vapeur, des légumes ayant subit le même traitement, des raviolis chinois, une soupe, du porc, des petites sauces, des coquilles saint Jacques en sauces légèrement épicées, du thé à volonté … non merci ! Pas de dessert ! Je suis repu et en plus je me suis régalé, bien que la préparation ne ressemble en rien à celle que nous connaissons, le goûts sont très différents, mais c’est bon !
Puisque nous sommes partis dans les confidences, j’ai eu, il est vrai quelques petits problèmes gastriques au départ, mais aucune inquiétudes … tout va bien ;-).
Ma dernière belle expérience culinaire a été dans une maison de thé traditionnelle, le décor était magnifique, nous avions un petit salon rien que pour nous, et au centre de cette maison se dressait un buffet gigantesque avec des plats chauds et froids, des desserts, des fruits secs… un régal, l’avantage du buffet et que je pouvais choisir ce que je désirais en toute connaissance de cause ou presque. J’avoue ne pas avoir eu le courage de passer le pas de la « dite » succulente dégustation de pattes et de têtes de canards. Affaire à suivre …